Bienvenue sur le blog de Paul Cox, réalisé à l'occasion de l'exposition Jeu de construction, à la Galerie des enfants du Centre Pompidou, du 16 février au 9 mai 2005.
Il est grand temps que je réponde à quelques commentaires obligeamment apportés par mes lecteurs à ces rêveries quotidiennes. Je voudrais surtout citer, pour qu'il soit bien visible, celui-ci, qui apporte une correction importante à ce que je disais page 9 (ou chapitre? ou jour? il me faut trouver encore un nom approprié) à propos de la croissance des arbres (ou du moins de ce que j'en affirmais) comme échappée oblique résultant des poussées contraires de la croissance et de la gravitation.
J'ai été bien péremptoire en effet, et ce lecteur a bien fait de rappeler que "ce n'est pas la gravité qui modèle ainsi la croissance des arbres, mais la recherche de la lumière. La ramure de l'arbre n'a pas d'autre objet que d'offrir le maximum de surface foliaire au soleil et ainsi augmenter la photosynthèse. La recherche de la lumière comme orientant la croissance d'un végétal est appelée "phototropisme" : c'est ce qui fait qu'un arbre qui pousse dans un coin ombragé va se tordre vers la lumière". Merci beaucoup, donc, pour cette précision, et pardon pour mes âneries (oh! le joli mot! et une pensée pour mes pauvres ânes qui broutent, loin de moi, dans la neige).
Dans la même livraison je parlais aussi de la progression curviligne des cours d'eau. J'ai retrouvé entre-temps ces photos que j'avais prises en avion en route pour le Japon (je ne sais pas quelle région nous survolions)
en tout cas je trouve ces rivières très belles, et fort proches des images de manuel de géographie que l'on a tous, je pense, en tête.
Ces méandres et volutes me ramènent une nouvelle fois à Laurence Sterne, et à ce joli tracé, dans "Tristram Shandy", décrivant un moulinet effectué avec sa canne par le caporal Trim.
J'en profite pour vous montrer cette curiosité de ressemblance formelle par-delà les siècles, il s'agit d'une page de "Point, ligne, plan" de Kandinsky
qui ressemble étonnamment au dessin de Sterne (mais Kandinsky est aussi sérieux que Sterne est facétieux!). Peut-être Sterne avait-il en tête la "ligne de beauté" de son contemporain William Hogarth (dont on connaît la postérité, jusqu'à la matissienne arabesque)
(la première image est une planche de "L'Analyse de la beauté" de Hogarth, la seconde son frontispice - l'amateur de contrastes se réjouira de celui qui oppose les angles de la pyramide à l'ondoiement serpentin de la ligne). Je me permets une parenthèse sans rapport avec ce qui l'entoure: je viens de retrouver ce beau flanc de cagette.
J'en faisais collection, dans le temps. Un de mes premiers livres, que voici
avait d'ailleurs une couverture en bois imprimée chez un fabricant de cagettes. Fin de la parenthèse. Enfin je veux vous donner des nouvelles du coton fripé pour mon projet de Toile de Jouy. Non seulement il a sagement repris sa forme et sa planéité originelles, mais encore, en le retournant, j'ai découvert la beauté de l'effet obtenu par le passage de la peinture, une acrylique très liquide, au travers des fibres,
effet que je me promets d'utiliser pour de prochaines peintures. J'adore ce genre d'accidents heureux, le hasard, comme on dit, faisant bien les choses (souvent bien mieux, en tout cas, que moi). Et à propos de hasard, j'aimerais citer cette jolie phrase de Pasteur, que je dois à mon ami Alain Goulesque:" Dans les champs de l'observation le hasard ne favorise que les esprits préparés". Enfin voici deux architectures du jour, l'une dans le genre simple, l'autre dans le genre un peu plus compliqué.