Bienvenue sur le blog de Paul Cox, réalisé à l'occasion de l'exposition Jeu de construction, à la Galerie des enfants du Centre Pompidou, du 16 février au 9 mai 2005.
La "classe-chantier" démarre dans une dizaine de jours avec les enfants de CP dans une école à Blois.
J'ai l'idée de leur proposer un matériau de base, un grand jeu de construction fait de tasseaux, de planches et de boulons, plus des choses pour l'ornementation (tissus, plastiques), à partir desquels ils décideront eux-mêmes, collectivement, ce qu'ils construiront. Comme toujours, pour m'accompagner dans mon travail, je m'entoure de beaucoup de livres et d'images.
Mes enthousiasmes du jour vont à Tatline, Rietveld, Enzo Mari, Krijn de Koning, Buren, Jason Rhoades, Gregor Schneider, Raoul de Sausmarez,
Shigeru Ban, Xavier Veilhan, Jessica Stockholder, Liam Gillick, Munari, Cosima von Bonin, les soeurs Hohenbüchler, Lissitsky,
Frederick Kiesler, Gehry, Kippenberger, Hybert, Kawamata, Sarah Sze. Je me rends compte que j'ai toujours été très attiré par les artistes-ingénieurs, les artistes-constructeurs, les artistes-architectes. Un peintre que j'aime beaucoup, Per Kirkeby, est aussi l'auteur de singulières architectures en briques. Récemment, pour un article dans un magazine japonais, on m'a demandé de citer trois livres qui m'étaient chers: j'ai nommé Kirkeby aux côtés de mes inséparables Dubuffet et Laurence Sterne.
Le magazine se trouve devant moi, posé sur mon bureau, il s'appelle "Peep",
et fait un amusant écho à la sublime couverture du vieux manga dont j'ai montré l'autre jour quelques pages
qui à son tour me rappelle cette belle lithographie sur journal plié de Jean-Charles Blais imprimée à l'atelier Bordas:
à laquelle j'avais songé, comme en discret hommage, pour la version pliée de l'affiche de Prague commentée à plusieurs reprises plus haut.
Mais pour revenir au jeu de construction de la classe-chantier: le système d'assemblage des tasseaux au moyen de boulons sera similaire à celui que j'avais utilisé pour confectionner cette sorte d'arbre pliable,
et l'aspect général ne sera pas très éloigné de celui de ce "cabinet de lecture" que j'ai construit il y a une quinzaine d'années.
L'arbre pliable m'avait été inspiré par une savante structure de toit-parapluie vue dans l'excellente exposition "L'Art de l'ingénieur" montrée au Centre Pompidou en 1996. A propos de parapluie, j'en vois justement passer dans le jardin sous mes fenêtres, et je me dis qu'il serait amusant d'en concevoir un en forme de toit de maison:
Deux architectures du jour, pour conclure: cette vieille linogravure, que je retrouve en mettant de l'ordre dans un tiroir délaissé, et qui reproduit incomplètement la célèbre formule de Le Corbusier: "le jeu savant, correct et magnifique des volumes sous la lumière":
Quelle découverte extraordinaire que celle de votre blog! Un espace généreux, accueillant, vivant. Je voudrais bien, en mai, être à Paris. Mais il y a l'Atlantique... <br />
Je reviendrai donc ici plutôt que là!<br />
La Juvéniste