Bienvenue sur le blog de Paul Cox, réalisé à l'occasion de l'exposition Jeu de construction, à la Galerie des enfants du Centre Pompidou, du 16 février au 9 mai 2005.
Il ne m'est jamais arrivé, à de rares exceptions près, d'accomplir un travail plus rapidement que je ne l'avais prévu (même en prévoyant large) et ce soir je vérifie une nouvelle fois cette contrariante réalité. Rien n'est prêt pour le Japon, ni pour l'accrochage, demain matin, de mes Toiles de Jouy. Une nuit blanche s'annonce donc. Et donc la livraison du jour pour le blog sera courte. D'abord je vous propose ceci, à quoi je pensais il y a deux jours en illustrant ma liste (non exhaustive) d'artistes que j'aime à l'aide de vignettes montrant des coiffures de diverses époques - il s'agit ici de variations capillaires (j'aime les listes, les variations, les combinatoires) imaginées par mes soins pour coiffer un petit personnage que j'aime beaucoup, Pingu:
Puis cette tortueuse branche, trouvée en m'accordant une brève promenade dans la pluvieuse campagne:
Elle est non seulement tortueuse dans sa forme générale, mais porte de plus les traces tortueuses d'une autre plante grimpante:
Cette double tortuosité me rappelle un passage du beau livre de Yolaine Escande et Philipe Sers, "Résonance intérieure (Dialogue sur l'expérience artistique et sur l'expérience spirituelle en Chine et en Occident)", où il est question d'arbres et de rochers aux formes complexes et sinueuses:
"Les artistes chinois ont perçu que les hommes peuvent dépasser les limites temporelles à condition de se relier autant que possible à l'énergie cosmique circulant entre ciel et terre. Ils installent dans leurs jardins, y compris miniatures, ou dans leurs peintures, des "capteurs d'énergie" tels que les rochers, les arbres; plus ils sont tordus, plus ils sont noueux, mieux ils captent cette énergie, et plus ils durent longtemps, car la torsion allonge le parcours de la sève, et l'arbre accumule alors de la force vitale". Et pour conclure, en guise d'architecture du jour (je ne rentre à Paris que demain), cette page de carnet un peu inquiétante, en écho aux moulins montrés il y a quelques jours.
« Je vais te dire quelque chose. Eh ben, je prendrai une photo de Paul Cox et je te la donnerai. Et si la maîtresse dit quon na pas le droit, je dirai que jen prends une pour la classe et une autre pour toi !- Je te remercie. Tu es très gentil. Mais tu sais, si tu ny arrive pas, cest pas grave. Il ne faut pas te tracasser avec ça.- Je demanderai à Paul Cox et à la maîtresse si ils veulent bien que je prenne une ou deux photo de Paul Cox, une pour toi, une autre pour la classe.- En tout cas, je te souhaite une très très bonne semaine dans ton école, dans ton CP avec Paul Cox. Je regarderai sur Internet si vous avez mis quelque chose de votre travail ensemble en ligne. Cette voix au téléphone, cest la voix de mon «grand» petit fils. Sa classe de CP va entreprendre la semaine prochaine un projet culturel autour de loeuvre de Paul Cox, et avec lartiste. Il se trouve que jai entendu parler de cette oeuvre qui sexpose actuellement au centre Pompidou, à Beaubourg. Voilà pour le fonctionnement en réseaux. On pourrait y ajouter que la semaine précédente, passait à Saint Brieuc, hébergé à la Maison Louis Guilloux, Boris, qui travaille régulièrement aux expos du centre Beaubourg, et que donc...Et cette petite voix au téléphone, cette gentillesse du petit bout de chou qui veut faire un cadeau à son grand-père, ce petit dhomme, petit homme lui-même, me met soudain en lien avec nos si nombreuses et si fournies conversations avec Eugène : - il faut réussir à faire de lécole un pôle culturel répétait il. Combien dheures de discussion, à la faveur de rencontres, de coups de téléphone, de stages ensemble, de réunions syndicales et politiques ? Ensemble, lui, surtout, lui dabord, nous avons bâti la cité future, mieux encore, la maison du peuple, avec le peuple. Même si le peuple ny est pas encore chez lui comme on est chez soi. Et quand mon petit fils de Blois mannonce quil va faire avec ... un appareil photo, faire avec ... un artiste, faire avec ... la situation qui lui est proposée, quil se projette dans la vie ainsi, je me dis avec toi, Eugène que les utopie concrètes, cela existe : lart de faire, lart de dire de Michel De Certeau sont à loeuvre. La boule a été lancée, elle ne sarrête pas, elle vit son parcours au gré des expériences quelle rencontre.
pingu fait des choses très drôles et belles.<br />
est-ce que vous pourrez nous apporter des dessins de pingu quand vous viendrez dans notre classe (à blois au mois d'avril). merci<br />
amédé
Super cette galerie de Tête de Pingu!Voilà pour qui aime les variations une série de coiffures du verb correre fait par Alighiero Boetti:scorrere incorrere percorrere rioccorrere ridiscorrere occorrere ascorrere concorrere trascorrere ritrascorrere accorrere riscorrere decorrere rincorrere soccorrere riaccorrere ridecorrere ripercorrere ricorrere intercorrereJEUX DE CONSTRUCTION!