Bienvenue sur le blog de Paul Cox, réalisé à l'occasion de l'exposition Jeu de construction, à la Galerie des enfants du Centre Pompidou, du 16 février au 9 mai 2005.
Hier matin, pris livraison des tableaux verts, imprimés chez un sérigraphe dans notre campagne, ou plutôt peints au pochoir (technique que j'affectionne particulièrement - j'y reviendrai - mais cela, ça fait au moins dix fois que je le dis en cinq jours, alors il va me falloir tenir un compte très précis des sujets promis, et aller sans m'égarer de digression en digression et de parenthèse en parenthèse, comme Dubuffet et Laurence Sterne, dont je parlerai plus tard - nouvelle promesse à tenir! - le faisaient si bien).
Enfin, mes palettes de modules posées bien méthodiquement au sol, j'ai commencé à installer ma "proposition" (plutôt qu'à accrocher mon exposition). J'ai commencé par une sorte de grand dessin courant de table en table, figurant au moyen de mes planchettes et de mes bouts de tasseaux des routes et des enceintes, puis des quartiers plutôt bien ordonnés, dans le but de créer le maximum de contraste avec le désordre - ou l'ordre plus complexe - à venir.
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Voici ma "proposition" bien rangée terminée, prête à accueillir les visiteurs.
Vue du forum, l'installation, derrière sa vitrine, ressemble à un jeu bien rangé dans sa boîte.
Il reste encore à poser le titre de l'exposition sur la vitrine au moyen d'adhésifs - l'exposition nécessite la collaboration de très nombreuses personnes, architecte, commissaire, producteur, menuisiers, peintres, électricien, personnes qui s'occupent du ménage, sans qui tout ceci n'existerait pas, et dont je décrirai le travail - nouvelle promesse! - et ferai le portrait un peu plus tard.
Le soir, après le vernissage. Voici à quoi ressemble maintenant mon paysage sur les tables:
L'univers trop bien rangé, un peu despotique, que j'avais patiemment mis en place, a presque complètement disparu, pour laisser place à ce monde très vivant et riche, où la somme des différentes inspirations individuelles crée une atmosphère de réjouissante énergie collective. Un visiteur, artiste passionnant, professeur aux Beaux-arts, m'apprend ceci: en thérapie jungienne on utilise ce que l'on appelle des "sand-tables", des tables à sable, sur lesquelles sont posées des objets que l'analysé est invité à manipuler - je vais m'intéresser à cela - mais déjà j'observe différemment les visiteurs, voyant celui-ci bâtir un édifice torturé, celle-là une calme maison. Seule est restée inchangée mon installation de gommettes sur les murs. Sur les tables: le travail des visiteurs; au mur, une carte mentale, la mienne, très personnelle, comme une présence rassurante à côté de ce monde qui va sans cesse changer tout au long de l'exposition. Me vient à l'esprit ce calembour de fortune que je risque quand même et qu'excusera l'heure tardive: sur les tables, une sorte de Lego, aux murs, l'ego. A demain.
bravo paul pour cette installation magnifique , ludique et plastique, ainsi que pour ton blog riche en rebondissements et d'une écriture exquise!! comme toujours..ianna